Surmonter la trahison

Voici quelques pistes pour surmonter la trahison (en 7 sections) : 1- Tout d'abord, n'attendez pas de moi que je vous écrive «ce n'est qu'un jeu». Je l'ai beaucoup lu et entendu mais cette formule ne s'applique pas à tout le monde : certains sont capables d'évacuer toute dimension «sérieuse» du jeu en se la répétant mais ce n'est pas mon cas, ni celle de la majorité. En effet, cette activité qu'est le jeu demande de l'investissement personnel, du temps, de la réflexion, de la passion... souvent bien plus qu'une activité professionnelle voire que d'autres activités basiques (telle que manger si on prend l'exemple de personnes qui restent bien trop longtemps devant leur écran !). Bref, pour toute sorte de raisons, jouer est une activité prenante dans laquelle nous nous investissons souvent beaucoup si bien que lorsque la déception est au rendez-vous, la maxime «ce n'est qu'un jeu» n'apportera pas beaucoup de réconfort. Sans compter que cela tend à dévaloriser le jeu qui est une activité essentielle à l'homme dans ses jeunes années comme plus tard !

2- Par contre il est important de se rappeler qu'à Diplomatie, la trahison est un acte de jeu qui s'avère même essentiel à l'intérêt de ce jeu. Se faire trahir revient à subir un acte de jeu adverse qui est parfaitement toléré et admis dans ce jeu. En jouant nous devons donc commencer par accepter que la trahison est de ce monde et que nous pouvons la subir, comme tout le monde. Personne n'est au-dessus d'un bon coup de poignard. Celui qui nous trahit cherche à obtenir quelque-chose: le gain de la partie (souvent), plus de centres (quasiment toujours même s'il existe des vicieux capables de trahir sans en profiter eux-mêmes !), de la reconnaissance, la satisfaction apportée par une vengeance, etc.
La trahison est ainsi une «intention positive» (vu du traître).

3- La trahison est ainsi un acte de jeu exercée par un autre joueur qui cherche à obtenir quelque-chose. Cela ne signifie pas que moi, le trahi je sois mauvais ou que je mérite d'être trahi. Certes je suis victime de son choix mais c'est le cas de nombreux autres joueurs sur des milliers de parties qui pour autant ne sont pas nécessairement des burnes.

4- En comprenant les raisons de cette trahison, je pourrai même améliorer mes prochaines parties voire même la partie en cours. Cela implique bien sûr de garder le contact et donc de ne pas couper les ponts ni de s'énerver trop vite ! En passant ce cap, je pourrai en apprendre plus sur les motivations de cet acte et en profiter. De plus, en gardant le contact je contribuerai à déculpabiliser le traître: en m'expliquant les raisons de son acte, il agira de façon positive à mon égard et en se justifiant (c'est un début), il aura ainsi lui aussi l'impression de ne pas être un «sale traître» et pourra se sentir compris. Et s'il est compris alors sa relation ne reste pas une relation affective «négative» traître-trahi mais peut évoluer vers une relation plus logique qui laisse donc la place à d'autres raisonnements futurs, peut-être en votre faveur ? Attention toutefois à ne pas trop en faire: si sa culpabilité disparaît totalement, il peut très bien décider de vous achever libéré qu'il en sera !!! Cela dépend des joueurs en fait...

5- Au moment où nous venons d'être trahis, la situation est délicate. Mieux vaut souvent s'abstenir de réagir trop vite car c'est rarement le moment et nous pouvons être trop affectés pour être capables d'être constructifs. Il est parfois bon d'attendre et de se rappeler les points précédents afin de ne pas trop ruminer. Attention à la DL tout de même ! ;)

6- L'analyse transactionnelle découpe la personnalité en trois niveaux : le Parent (les comportements que nous héritons de nos parents), l'Enfant (ce que nous avons été à cet âge) et l'Adulte (ce que notre compréhension et notre esprit logique a ensuite construit). Dans certaines circonstances, nous pouvons être dans l'un ou l'autre de ces états (ex: lorsqu'on se fait engueuler, on risque fort de se trouver Enfant dans une relation Parent-Enfant sauf à être capable de surmonter cela et passer dans l'adulte).

L'AT (analyse transactionnelle) nous apprend que nous sommes parfois affectés de sentiments parasites. Ces sentiments parasites sont liés à des stratégies et des émotions que nous avons développées et vécues dans notre enfance afin de survivre et de nous adapter. Dans ce monde de géants, les enfants que nous étions ont trouvé des méthodes pour obtenir ce qu'ils voulaient: caprices, pleurs, bouderies, séduction, violence. Que ce soit pour attirer l'attention de nos parents ou obtenir d'eux ce que nous voulions, nous avons ainsi testé et adopté différentes méthodes et émotions pour survivre puis attendre nos buts. Certaines ont marché (nous les avons utilisées), d'autres pas (nous les avons abandonnées). Devenus adultes, nous avons continué à utilisé certaines de stratégies et à ressentir certains de ces sentiments qui viennent de notre état Enfant. Or ce qui marchait lorsque nous étions enfants peut se révéler inadapté au monde des adultes. Petits nous détestions peut-être «perdre» ou ne pas obtenir ce que nous voulions aussi nous pouvions jouer du chantage, nous énerver, pleurer, être malheureux. Nos parents pouvaient marcher mais devenus grands, cela ne marche plus et ses sentiments parasites ne nous sont plus d'aucune utilité ! Ils vont même certainement nous desservir et c'est d'ailleurs un peu à cela qu'on peut les reconnaître. Après une trahison, éprouver de la rancœur, de la douleur ou de la haine, c'est peut-être ainsi faire face à des sentiments parasites inappropriés qui ne nous aideront plus. Il faut alors en être conscient et passer au plus vite (ou attendre si on ne peut le faire de suite) dans son état Adulte.
Cela revient à utiliser notre logique de grande personne en se rappelant les points 2 à 5 par exemple ou tout autre explication que nous pourrions trouver en raisonnant.

7- Maintenant, le fait de connaître tout cela pourra peut-être, et je l'espère, vous aider dans une telle situation ! Il est même possible, surtout dans le cas de rencontres en face-à-face de vous faire une préparation mentale. Ce genre de méthodes est très utilisé dans le milieu du sport mais il s'applique à toutes les activités (réunions, discours, jeux...). Sans entrer dans des détails trop techniques, il existe également de nombreuses méthodes de préparation mentale qui sont souvent basées sur des méthodes analogues:

D'abord la préparation concrète (dans le cas du sport il s'agit d'entraînement, pour les réunions mieux vaut les préparer et dans notre cas il s'agit de pratique et d'étude des mécanismes du jeu).

Ensuite des exercices de visualisation où nous nous cherchons à nous rappeler et à éprouver les émotions recherchées pour notre activité (calme, sérénité ou au contraire rapidité, etc.). En revivant ses émotions et en les associant à l'activité recherchée, on arrive dans un cadre précis à les associer à cette activité même si elles n'ont rien à avoir avec elle. Dans le cas de Diplo, je n'ai jamais essayé mais le cas échéant, j'irais par exemple chercher des souvenirs de sérénité et de bienveillance que j'associerais ensuite visuellement aux parties que je me préparerais à jouer. Le moment venu et grâce à cette préparation mentale, je serais plus à même d'éprouver ces émotions et de ne pas m'écrouler en cas de trahison. Mieux cela affecterait en bien ma partie. Je mets cela au conditionnel car je ne l'ai jamais fait pour Diplo mais je ne vois pas pourquoi cela ne marcherait pas pour cette activité humaine alors que c'est utilisé pour beaucoup d'autres.

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