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l'Angleterre

l'Angleterre

Tout novice, parcourant une nouvelle fois brièvement les règles et jetant un autre coup d’œil rapide sur le plateau de jeu considérerait avec évidence l’Angleterre comme un pays très puissant. La position défensive semble presque impénétrable – au début de la partie, aucune unité ennemie, exceptée la flotte française de Brest, n’est à moins de deux mouvements d’un centre national anglais, tandis qu’il n’existe pas moins de quatre centres neutres accessibles à l’Angleterre pendant le même laps de temps. À bien des égards, l’Angleterre se mesure plus que favorablement avec n’importe laquelle des autres Puissances de la carte.

En face-à-face, l’Angleterre peut effectivement faire très fort. Mais en jeu « postal », lequel permet un jeu plus précis et dès lors, présente une image plus réaliste du potentiel d’une Puissance, elle s’affaiblit particulièrement. Sur les premiers 319 jeux postaux terminés en Grande-Bretagne, l’Angleterre ne gagne que 33 fois, à égalité avec l’Autriche-Hongrie et derrière la Russie ; et en draw (qui alloue un point pour une victoire, le point étant partagé entre tous les survivants en cas d’égalité), l’Angleterre se range médiocrement à la 4e place, derrière la Russie, l’Allemagne et la France. Clairement, pour l’Angleterre, les choses ne semblent pas aussi brillantes qu’elles en ont l’air de prime abord.

Position



Pays de coin de carte, l’Angleterre jouit d’avantages défensifs naturels, lesquels sont renforcés par son statut insulaire ; l’invasion de l’Angleterre est toujours une affaire risquée ainsi que l’Histoire l’a démontré. Pour être certain de faire débarquer une armée dans une province anglaise, un agresseur aura normalement besoin de deux flottes adjacentes à une province anglaise – l’une pour convoyer l’armée et l’autre pour soutenir le débarquement. C’est particulièrement difficile à mettre en place, tout spécialement lorsque l’Angleterre s’est assuré du contrôle – crucial – de la mer du Nord dès le départ.

Cependant, la Défense ne fait pas remporter la partie. Et les très réels avantages qu’a l’Angleterre pour se protéger des attaques dans les premières étapes, rendent, par la suite, l’expansion difficile. Parties après parties, l’on verra l’Angleterre s’éreinter de la même manière : un début prometteur basé sur une alliance défensive avec la France, une attaque sur la Scandinavie s’enlisant à Saint-Pétersburg, et laissant l’Angleterre avec un flanc ouest totalement exposé. Et c’est à ce stade que la France arrive à ses portes. La tant vantée défense anglaise s’écroule tandis que les flottes françaises pénètre l’Atlantique Nord (ISL), la mer d’Irlande (STG) et finalement la Manche (MAN). Ce désastre, connu sous l’expression d'« avoir laissé la porte de sortie ouverte », représente la grande majorité des effondrements anglais. Le fait est que l’alliance avec la France, tel qu’elle est normalement jouée, ne peut simplement pas conduire l’anglais à la victoire. (Bien que cela puisse mener à une victoire française.)

Cibles



Pour gagner, un pays doit occuper dix-huit centres. Et il est essentiel d’avoir une idée préalable, avant de commencer, de quels centres il pourra s’agir.

D’après les estimations les plus optimistes, il est difficile de considérer une victoire anglaise en dix-huit centres qui n’implique pas une forme de contrôle de la Méditerranée. Trois centres nationaux, trois en Scandinavie, ainsi que deux centres au sud font huit. Les attaques sur les autres nations produiront Saint-Pétersburg, trois centres germaniques, et deux français. Pour un total de quatorze. À ce point, le travail commence à être plutôt ardu : il est assez inespéré que l’Angleterre puisse pénétrer plus avant dans les contrées slaves, telles que Moscou (MOS) ou Varsovie (VAR), lesquelles sont aisément supportées par le sud, et se faisant, les seules recherches réalistes de gains se trouvent au sud : l’Espagne (ESP), le Portugal (POR), Marseille (TOU) et Tunis (TUN) qui portent le score à dix-huit. Le problème est que, le temps que l’Angleterre ait terminé de s’amuser dans le nord, l’ouest de la Méditerranée est probablement déjà vendu ; et c’est un trait fort commun de l’Angleterre que de finir par être coincée à treize ou quatorze centres, incapable d’engager plus loin le processus et contrainte de regarder pendant qu’un autre, mieux organisé, rafle la première place. La Méditerranée ne peut pas être enfoncée une fois qu’une défense raisonnable y a été établie ; d’où il suit que l’Angleterre doit faire une percée dans le sud avant que la France ou l’Italie ne puisse lui fermer la porte. Dès lors, il devient évident que l’alliance franco-anglaise n’a, en aucune façon, vocation à laisser la victoire à l’Anglais.

Ouvertures



Les choix de l’Angleterre en matière d’ouverture sont assez restreints. En délaissant ceux qui sont totalement sans intérêts, l’une est munie de trois permutations possibles pour les deux flottes :
-* mer de Norvège (GRO) et mer du Nord (NRD) ;
-* mer du Nord (NRD) et Manche (MAN) ;
-* ou encore mer de Norvège (GRO) et Manche (MAN).

L’armée peut raisonnablement se mouvoir :
-* à Édimbourg (EDI) ou en Yorkshire (YOR) dans le premier cas ;
-* et, dans le second, Édimbourg (EDI), le pays de Galles (COR) ou Yorkshire (YOR) ;
-* et enfin dans le troisième cas, en Édimbourg (EDI) ou pays de Galles (COR).

Un total de sept ouvertures différentes.

Les dernières études faites listant douze variations d’ouvertures anglaises. Mais les sept citées ci-avant représentent plus de 95% des débuts enregistrées de l’Angleterre – les autres étant majoritairement des erreurs, parmi lesquelles trônent quelques imbécilités délibérées. (Toutes les statistiques des ouvertures sont gracieusement tirées du Mick Bullock’s New Statsman ; n°3 ; Janvier 1978).

-* L'« Ouverture nordique » F EDI – GRO, F LON – NRD, est de loin la plus populaire des configurations avec environ deux tiers de toutes les parties.
-* La « variation du Yorkshire » a récemment supplanté la « variation Édimbourg » en popularité, et en ce qui concerne le timing aussi – certainement que la différence entre les deux mouvements de l’armée me semble favorable à l’appréciation « yorkshérienne ». Il est vrai que F EDI – NGE, F LON – NRD, A LIV – YOR est la seule ouverture anglaise qui apporte une certitude totale d’une construction à l’automne 1901 : même si le pire arrivait avec une France en MAN et la Russie avançant A MOS- STP, l’Angleterre a toujours une construction avec A YOR – LON et F GRO S F NRD – NGE (alors que dans l’autre configuration, l’attaque de la mer du Nord par l’Allemagne coupe le soutien à la prise de la Norvège).

Alors, que reste-il comme avantage à la « variation Édimbourg » ? Le gain évident est l’armée, qui peut désormais être convoyée par l’une ou l’autre flotte. Et la conséquence est claire : l’Angleterre a l’intention d’employer la flotte de la mer de Norvège (GRO) pour convoyer son armée en Norvège, tandis que la flotte de la mer du Nord (NRD) est occupée ailleurs, peut-être en prenant sa part de l’argumentation dans la possession de la Belgique (F GRO S F NRD C A xxx – NGE). Il est assez ironique que la « variation Édimbourg » puisse apparaître, dans l’esprit du joueur allemand, comme plus pro-germanique que la « variation du Yorkshire ». Alors qu’en réalité rien n’est moins vrai. Mais la principale différence entre les deux variations, consiste dans la valeur défensive du mouvement A LIV – YOR, et cela semble par conséquent, pour moi, un choix supérieur.

La popularité de l’Ouverture nordique est bien plus difficile à justifier. L’Angleterre démarre dans la mauvaise direction, se dirigeant en ligne droite vers le cul de sac de Saint-Pétersburg. Et à la France est offerte la possibilité d’entrer en Manche (MAN), tandis que l’Allemagne n’est malheureusement pas enthousiaste à la perspective de se retrouver encerclée par l’Angleterre. L’ouverture est donc saine uniquement du point de vue défensif, au moins pour le court terme ; mais cela laisse à l’Angleterre deux problèmes d’importance non résolus : que faire de la France et où commencer à jeter son dévolu dans le recherche des dix-huit centres ?

Il peut être plus prometteur de bouger F LON – MAN... si on peut s’en tirer ainsi ! Mais je reste convaincu qu’il est bien mieux de laisser la France en Manche que d’y risquer un rebond. Heureusement, le mouvement initial vers la Manche n’en est pas moins un mauvais pour la France, et s’il a dit qu’il n’y irait pas, il y a probablement une forte chance qu’il le pense vraiment. Je ne joue pas la Manche en tant qu’Anglais, à moins d’être convaincu que la France me laissera y rentrer – soit suite à un arrangement, soit par accident.

À la condition que la France ne soit pas jouée par un imbécile, il n’est pas si difficile de le persuader de vous laisser la Manche. Votre argument étant que, bien entendu, la France et l’Allemagne ayant chacune deux constructions faciles en 1901, tandis que vous n’avez que la Norvège, vous êtes plus à même de clamer votre souveraineté sur la Belgique. Dites-leur cela avec conviction et regardez ce qui arrive ensuite…

Le Français, s’il est expérimenté, vous fera remarquer que l’Angleterre n’a pas besoin de deux constructions fin 1901, à moins que, bien sûr, vous n’ayez des ambitions anti-françaises, auquel cas… Vous concédez ce point (que pourriez-vous faire d’autre ?), mais faites remarquer en retour que la Russie est sur le point de faire mouvement vers Saint-Pétersburg avec son armée (A MOS – STP) – ce qui pourrait bien être vrai au demeurant, non pas que cela compte en fait – et qu’à moins que vous ne soyez certain de vous en emparer, vous aurez à laisser l’Allemagne sans opposition, s’en emparer, tant que vous aurez besoin de vos deux flottes pour occuper la Norvège. D’un autre côté, si la France vous laisse prendre la Belgique, la Russie s’empare de la Norvège et désormais c’est l’Allemagne qui menace de par sa position.

Si cela n’est pas assez, vous pouvez toujours améliorer votre offre :
-* si vous commencez par F LON – MAN ;
-* F EDI – NRD ;
-* A LIV – YOR

et que la France se déplace ainsi :
-* A PAR – BOU ;
-* ou PIC,

il peut soutenir votre F MAN – BEL, pendant que vous employez F NRD et l’armée pour garder les régions encore non occupée par l’Allemand, parmi les Pays-Bas et le Danemark, hors de sa portée. C’est une belle offre, mais que le Français malheureusement refusera très probablement : cela ralentit la croissance initiale de l’Allemagne, tout en assurant que la flotte anglaise devra évacuer la Manche pour s’assurer d’une construction à l’Automne 1901.

La France garde ainsi ses options ouvertes : après tout, il peut toujours changer d’avis concernant la Belgique, si par le cas, la Russie échoue à entrer à Saint-Pétersburg, ou que l’Angleterre, stupidement, choisit de faire A LIV – COR ; mais si tout tend à cette planification, la France peut permettre de coopérer. La Belgique, après tout, change de main avec une grande régularité dans les premières années de la plupart des parties ; et la France peut attendre jusque 1902 pour que ce soit son tour, sans sérieux désavantage.

Si vous jugez que le Français est un bouffon, ou pense lui-même que vous l’êtes, il est plus sain de lui offrir une démilitarisation de la Manche, et alors, de la dérober par surprise. Vous devez juger de l’attitude de la France, s’il a l’intention de tenir sa parole et de saisir l’opportunité, ou pas : s’il parle très tôt d’alliance sur le long terme, de partage de la victoire, et de ce genre de choses, vous pouvez prendre le risque – vous aurez raison dans 75% du temps, ce qui est un bon rapport. Dans ce cas, bien entendu, vous devez absolument, bouger votre armée au pays de Galles (COR). Cette approche est encore meilleure, lorsque la Russie ne joue pas A MOS – STP. Désormais, vous pouvez vous emparer de la Norvège, sans opposition, et vous permettre le luxe d’un convoi, disons, en Picardie. Cela va sans dire que si la France est suffisamment folle pour vous avoir laissé en Manche, elle est presque certaine de pouvoir défendre Brest ; la Picardie le prendra de court la plupart du temps.

Il n’y a pas vraiment beaucoup plus à dire sur les choix d’ouvertures anglaises. La seule option qui reste est celle que l’on nomme parfois « The Splits » - la Séparation :
-* F LON – MAN ;
-* F EDI – GRO avec l’armée allant ou bien en EDI, ou bien en COR (incroyablement, il existe trois cas répertoriés où l’armée fut envoyée au Yorkshire).

L’ouverture est nettement pro-germanique, au point de ramper à plat ventre. Je l’ai employé une fois en tant qu’Anglais, comme portion d’un marché élaboré sur le long terme : l’Angleterre n’a jamais occupé la mer du Nord, en échange de quoi, l’Allemagne promit de ne produire aucune flotte. Pour le peu de temps que celui-ci dura, le plan fonctionna plutôt bien, tant que l’absence de flotte allemande est un bénéfice qui justifie le sacrifice de la plus utile des provinces de la carte.

Amis et Ennemis



L’Angleterre peut profitablement négocier avant 1901 avec n’importe laquelle des autres nations, excepté, peut-être, l’Autriche-Hongrie, laquelle a affaire avec ses propres problèmes à ce niveau de la partie, et envisage d’un mauvais œil toutes propositions visant à attaquer l’Allemagne ou la Russie.

La Russie, curieusement, est la meilleure mise. Demandez-lui poliment s’il envisage d’aller au nord et dites-lui que si c’est le cas, vous prévoyez de lui permettre de passer par la Norvège. Cette apparente posture chimérique – apportant votre seul gain assuré à un pays qui en a moins besoin que vous – n’est pas aussi stupide que cela en a l’air. Si vous planifiez un assaut sur la France le plus tôt possible dans la partie, comme vous devriez certainement le faire, une armée russe en Norvège est la meilleure garantie d’une attaque provenant de cette direction. La Russie elle-même ne peut pas vous attaquer sans construire préalablement une flotte à Saint-Pétersburg côte Nord, évènement qui signale l’attaque trois saisons avant qu’elle ne survienne à vos portes. L’Allemagne ne sera pas capable de s’emparer de la Suède, et par conséquent, sera plus ouvert à la coopération anti-française, n’ayant pas d’autres options réalistes exceptée vous attaquer, ce qui, admettons-le reste possible bien que difficile.

Pour obtenir encore un plus subtil avantage, proposez cette ouverture au Russe, lorsque vous êtes capables de deviner la vérité de ses plans concernant l’armée du nord. Seul un maniaque se risquerait à retourner à Saint-Pétersburg après avoir rejeté l’offre d’un pareil cadeau en Norvège. Si vous savez que la Russie n’ira pas au nord – par exemple, il pourrait avoir à faire face à une puissante coalition austro-turque, et ne pas être capable se disperser ses unités – alors votre attaque sur la France a de bien meilleures chances de réussites.

Si la Russie n’accepte pas votre offre, votre prochain contact devrait être la Turquie ! Vous êtes suffisamment heureux que la Russie ait l’intention de bouger au nord, à condition que la Turquie l’attaque au sud – et elle le fera sans aucun doute, si elle y encouragée par un fiable rapport que l’armée russe se dirigera dans la mauvaise direction. (Probablement que la Turquie avait l’intention de le faire, et dans ce cas vous prêcherez un convaincu !) L’un des problèmes familiers du « face-à-face » à Diplomatie, se vérifie ici : si la Russie vous surprend vous, avec la Turquie à ce niveau de la partie, en pleine conversation, il aura peu de difficultés à deviner l’objet de la conversation…

Le sort de l’Allemagne est la décision la plus complexe à prendre, et tout dépendra de votre capacité de joueur. S’il est faible, sans imagination, et prône des alliances durables, vous avez tiré le bon ticket, et aucun dégât (diplomatique ?) ne pourra vous empêcher de sympathiser avec. Dans la course naturelle des évènements, il aura tendance à vous croire vous, plutôt que la France, tant qu’il se sent plus vulnérable par une attaque terrestre que par une attaque maritime ; aussi, vous pourrez aider contre la Russie, tandis que la France ne pourra que marcher contre l’Allemand sur la route de l’est. Une alliance anglo-germanique est une entente très puissante, et entièrement favorable à l’Angleterre – il est rare en effet, que l’Allemagne ne gagne une partie basée sur cette relation. La prémisse de base étant que l’Angleterre construit des flottes, et l’Allemagne, des armées ; l’Angleterre se meut autour des bordures du plateau tandis que l’Allemagne frappe au centre. La combinaison est dévastatrice, mais le plus important est le fait ne sera jamais en position de poignarder l’Angleterre – il doit pour cela, construire une flotte ou deux et se mouvoir laborieusement jusqu’aux positions sans possibilité de camouflage !

Ma seule victoire postale avec l’Angleterre fut basée sur une alliance de ce type. L’Allemagne, un vieil ami, était l’un de ces joueurs peu communs qui possèdent tous les ingrédients vitaux, excepté un : l’instinct du tueur. Il n’a jamais joué une mauvaise partie, mais n’en a jamais gagné une seule non plus. Je doute d’ailleurs qu’il en ait eu un jour l’envie. Un tel personnage est l’Allemand parfait pour votre Angleterre, tel que la partie, 1973-DI l’a démontré. Je fis de rapides progrès contre la Russie du nord et la France, tandis que l’Allemagne démolissait à tour de bras et avec ferveur l’Autriche-Hongrie et le centre de la Russie. Je ne jouais pas spécialement bien, mais je me débrouillais tout de même pour l’emporter aisément et l’éventuel « stab » sur l’Allemagne devient presque embarrassant de facilité. Il s’était occupé de tous les combats ardus, pendant que je me baladais autour des extrémités, picorant ça et là. À aucun moment, depuis l’automne 1901, il n’y avait eu la plus vague possibilité pour l’Allemagne de se retourner contre moi – simplement, celui-ci ne pouvait faire ce qu’il espérait. Peut-être même ne l’avait-il jamais souhaité !

L’Italie n’est pas une nation très importante aux yeux de l’Angleterre en début de partie, bien que leur relation puisse être en milieux de partie, l’une des plus critiques. Il ne vaut probablement pas la peine d’induire l’Italie à vous rejoindre dans un assaut contre la France ; quelques joueurs seront d’accord avec cette suggestion, tandis que d’autres iront le dire immédiatement au Français. Même lorsque vous trouvez un Italien complaisant, il est douteux que son assistance en vaille la peine par rapport au prix à payer ensuite – la perte de la Méditerranée. Que va-t-il arriver lorsque la France ne sera plus ? L’Italie retirera-t-elle promptement ses flottes à l’autre bout de la carte et commencera à se battre avec la Turquie ? Bien sûr parbleu, qu’il le fait ! Il laisse « une force de réaction rapide » à F POR et F MED – et va-t-en passer ça !

La position idéale pour l’Italie (d’un point de vue strictement anglais) est lorsqu’il s’engage dans un combat de longue durée et vain avec l’Autriche ; cela partagera ses unités (probablement pas plus de quatre en tout) en bas et du mauvais côté de son pays, et si vous pouvez terminer rapidement l’exécution de la France, vous pourrez grappiller votre « final » dans une Méditerranée découverte. Et si vous êtes particulièrement chanceux, vous pourrez même vendre votre présence à l’Italie dans ces eaux comme lui « venant en aide », et le dernier son qu’il produira sera un gloussement de gratitude.

Ce qui nous laisse maintenant avec l’Ennemi.

La France est la seule menace sérieuse pour l’Angleterre en ce qui concerne la domination des mers de l’Ouest. La flotte à Brest est plus menaçante pour l’Angleterre que n’importe laquelle des autres unités hostiles combinées ensemble. Il pourrait vouloir la bouger en bas au vers les côtes sud de l’Ibère en 1901, la laissant discrètement pointer vers l’est et végétant au voisinage de Barcelone. Surtout ne soyez pas dupe ! Une attaque française sur l’Angleterre peut-être mise en place avec une mortelle rapidité. Peu importe que celui-ci ait bougé sa flotte au sud de l’Espagne (ESPcs) – à moins que vous ne l’y voyiez comme définitivement à l’usage à cet endroit, c’est un pari plutôt bon que de se dire qu’il sera de retour avant longtemps. Si l’Italie a laissé ses arrières découvertes, n’allez pas imaginer que la France ira engloutir cette cible si aisée : d’abord, il se devra de neutraliser la menace principale, c’est-à-dire Vous.

Durant des années je n’ai pu trouver aucun plan réaliste permettant une coopération franco-anglaise. Toute idée étant fondée sur le simple fait que l’Angleterre doit impérativement occuper la Méditerranée pour vaincre et pour se faire, doit traverser le Moyen-Atlantique (ATL) pour y parvenir. Et rien dans cela n’est susceptible d’amuser la France.

Mais pour finir, je me trouvais moi-même dans une partie où la France était une alliée tout à fait « délicieuse », et l’Allemand, une inconnue dans mon équation. Je concevais alors quelque chose : une entente franco-anglaise fonctionnant selon les lignes standards de l’anglo-allemande, l’Angleterre fournirait les flottes, la France, les armées. Une condition préalable essentielle étant que l’Angleterre devait occuper Brest dès le départ, ce qui préviendrait toute construction de flotte française à Brest et me mettrait à l’abri de toute attaque surprise de la France. Laquelle, en retour, bien entendu, se verrait octroyer bien plus que ses habituelles possessions germaniques en partage. À ma grande surprise et pour mon plus grand plaisir, la France accepta ces propositions – peut-être mes appels à son imagination, son esprit pionnier, et le reste eurent-ils un certain succès, ou peut-être ne voulait-il pas s’ennuyer à débattre.

Il n’est certainement rien de pire que lorsque la France s’attend à ce que l’Angleterre se meuve en Manche au printemps 1901 et il est alors souvent bien mieux de la laisser y pénétrer ; et une fois que cela est arrivé, Brest est risqué de toute façon, pourquoi donc ne pas se rendre volontairement et rester en termes amicaux ? La France peut se le permettre… justement. Durant quelques saisons, tout alla à la perfection, jusqu’à ce que j’abuse peut-être de ma position de force dans une série de petites traîtrises, et ainsi l’expansion militaire française ne fonctionna jamais comme il était prévu, tandis que la suprématie navale anglaise prospérait, si ce n’est quelques anicroches, en tout cas bien mieux que prévu. Quoiqu’il en soit de la cause, la France revint sur son accord et repris Brest par la force. Mais j’avais déjà réalisé beaucoup : ma position défensive était solide comme un rock, pendant que la France était empêchée avec facilité, et pour un moment, de construire à Brest. Et j’en ai vu suffisamment pour être convaincu que le plan pouvait être mené à son terme, si l’on avait pu dénicher un Français qui l’accepte. Cela n’offre, bien évidemment, à la France, aucune potentialité réelle de victoire ; mais s’il avait été le genre de gars qui se bat pour la seconde place, il aurait pu tout simplement se l’offrir. J’ai décrit ce Gambit, de façon facétieuse, dans Dolchstoß comme le « Hey Bresto » (Par analogie avec la plus connue « Lépante de Key », à laquelle elle ressemble assez) et le nom semble plutôt bien lui coller.

En conclusion, les perspectives de l’Angleterre peuvent être considérées comme assez bonnes, à la condition que celle-ci garde une œil sur l’objet de la partie. La quasi-totalité des alliances avantagera l’Angleterre plus que son partenaire, l’exception étant le partenariat équitable avec la France. Dans une partie relevée, un Anglais surpassé pourrait bien être avisé de jouer l’Ouverture nordique et de s’allier à l’Allemagne – ce qui est généralement une bonne chose, suffisamment pour envisager une troisième place, et largement suffisant pour une quatrième place à égalité.

Dans tous les cas, lorsque vous jouez l’Angleterre, gardez un œil sur les flottes de vos opposants. Le but principal de vos négociations doit être de vous assurer, par ruse ou par force, qu’aucune autre flotte étrangère ne reste active ou présente à l’ouest de Gibraltar. Et c’est seulement de cette façon que vous serez en mesure de vous permettre la construction d’armées en milieu de partie, sans lesquelles vous pourrez difficilement croire en vos chances de victoire

L’Angleterre EST un pays fort (à Diplomatie en tout cas)… mais seulement si vous le jouez avec Justesse.

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