Notice: Undefined property: JDocumentHTML::$base in /var/www/http/faf/libraries/joomla/document/document.php on line 677
Laisser des centres pour gagner ?

Laisser des centres pour gagner ?

Lorsqu'on débute à Diplo, tant en blitz qu'en négo, on a tous tendance à se ruer sur un centre dès que possible. Pourtant, il est parfois bien plus intéressant de ne pas prendre les centres, pour pouvoir ensuite cueillir les fruits de la situation ainsi engendrée. C'est l'apparition récente d'une nouvelle « mode », en blitz notamment, qui m'a donné envie de revenir sur cet aspect du jeu.

En effet, depuis quelques temps, on voit certains joueurs qui, avec la Russie, ouvrent F STPcs XXX au printemps 01.

Ce faisant, ils affichent alors clairement leur intention de renoncer à la SUE. Au moins la première année, et même peut-être pour la partie entière. À quoi bon me direz-vous ? Examinons ensemble les avantages d'une telle option :

En laissant ostensiblement SUE libre, le tsar cherche à attiser le conflit anglo-allemand. En effet, ces deux pays risquent fort de revendiquer ce centre. Ils s'allieront donc moins facilement. D'autant que la possession de SUE pour l'Allemand comme pour l'Anglais, représente un enjeu stratégique fort. Un Anglais en SUE menace DAN et BAL, ce qui ne plaira que modérément à tout Allemand normalement constitué.

Au final, le tsar peut très bien espérer avoir un front nord paisible, qu'il se contentera de garder avec sa flotte, il pourra ainsi se concentrer sur le sud. Il peut aussi prendre part au conflit anglo-allemand engendré. Sur le plan diplomatique, le tsar peut tout à fait offrir SUE à l'Allemand et à l'Anglais, et de ce fait trouver au nord un allié.

Étudions maintenant une autre ouverture, plus extrême encore, mais je connais au moins un déséquilibré (le mot est faible) qui la pratique. C'est tout de même une ouverture de partie avec négociation, en blitz, elle me semble suicidaire.

Vous avez l'Autriche, au printemps 1901, vous jouez :

TRI XXX

VIE XXX

BUD XXX

Et alors ? Considérez que les autres pays ont fait des ouvertures plus ou moins standards. En jouant ainsi, vous venez de créer beaucoup de points de tension diplomatique :

Quid de GRE ? Puisque l'Autriche ne peut prétendre à GRE, qui va y aller ? Italien et Turc auront bien du mal à s'entendre sur ce sujet. En tous cas, bon nombre d'Italiens considéreront que laisser GRE au Turc, en plus de BUL, est extrêmement dangereux. La menace sur SER, puis sur ROU sera vite forte. Le Turc quant à lui pourrait fort bien ne pas laisser l'Italien y rentrer. Si les deux pays bouncent sur GRE, on peut imaginer qu'une armée autrichienne sera en SER la deuxième année, et jouera le rôle d'arbitre. Notez que dans cette situation, Turquie et Italie auront moins tendance à rusher sur l'Autriche, puisqu'ils devront au préalable régler la question de GRE. Quand on se rappelle que GRE est un centre compliqué à défendre pour l'Autriche, on se dit que l'abandonner peut être un bon calcul.

Et si le Russe a profité de l'inaction autrichienne pour entrer en GAL ? D'aucun pourrait juger sa position trop confortable... Un Autrichien bon négociateur en profitera pour nouer des alliances avec les nations du nord (Allemagne, Angleterre), afin de contrer la «menac » russe. Un Autrichien si affaibli se verra d'ailleurs peut-être offrir des soutiens par ses voisins.

À travers ces deux exemples, tous deux déjà rencontrés en situation de jeu, on se rend compte que l'abandon d'un centre est une stratégie intéressante. Il suffit de savoir exploiter cette façon de faire.

Le truc est finalement assez simple : il s'agit ni plus ni moins que de jeter un centre en pâture à plusieurs joueurs, et de créer ainsi un conflit entre les deux. Deux voisins qui se battent sont deux alliés potentiels pour vous, non ? Cette stratégie fonctionnera d'autant mieux que le centre offert a une position tactique particulière. C'est le cas de SUE et GRE dans les deux exemples cités au-dessus, mais vous pouvez aussi jouer comme cela avec BEL, ROU... Il est d'ailleurs intéressant d'offrir ces centres dont on sait qu'ils seront ensuite disputés pendant la partie.

Pour finir, cette façon de jouer est à mon avis très dynamique. D'accord, en abandonnant un centre, on peut se mettre en position de faiblesse au début, et risquer une élimination précoce. Mais tout le sel, c'est justement de créer une situation telle que vos voisins ne parviendront pas à s'entendre contre vous. Vous serez alors considéré comme un danger mineur, et on suivra vos propositions sans crainte...


N'hésitez plus, servez-vous de la rapacité des autres pour servir vos intérêts !

Additional information